Emmenez-moi au bout de la terre…

Emmenez-moi au bout de la terre…

23 février 2019 4 Par Les trucs à Cricri

…Emmenez-moi au pays des merveilles…

Merci Monsieur Charles pour cet hymne magnifique!!!

Cette chanson à une histoire dans ma petite famille, dans mon trio à moi. Il y a quelques années déjà cette chanson était « notre chanson » on la mettait à fond et on dansait tout les trois comme des dingues, en chantant à tue tète… Dans ces moments là, le monde était à nous, il n’était que nous, il laissait croire que tout était possible, il nous inspirait la liberté…Cette chanson c’est la notre, cette chanson c’est ma liberté.

Aujourd’hui cette chanson est souvent là, le bout de la terre c ‘est ici, ou c’est demain ou  c ‘est bientôt… Pour moi c’est très bientôt… dans quelques semaines je bouclerai mon sac pour un premier voyage en solo

.carte thailande

Je pars mi Mars en Thaïlande, seule, à l’aventure et pour 15 jours.

Depuis plusieurs années j’ai envie de partir, j’ai visité quelques pays d’Europe avec mon conjoint de l’époque, qui lui était un voyageur chevronné. Et j’ai beaucoup aimé, j’aime bien la France, mais les gens sont comme nous, les mentalités sont les mêmes. l’Étranger c’est d’autres coutumes, d’autres façons de vivre, d’autres paysages aussi. Je suis allée en Croatie et j’y ai vraiment ressenti le poids du passé, de la guerre qui plane encore dans le paysage. J’ai aimé aussi cette sensation, que même si tu es entouré de personnes, tu es un peu à part, la langue surement, tu te retrouves plus avec toi même et en même temps tu regardes les autres différemment… C’est une drôle de sensation et j’ai ressenti un apaisement de ne plus entendre les conversations dans les bars, juste comme une chanson, un bruit de fond, pas de parasitage de tes pensées, vu que tu comprends pas, les mots te traversent, mais il ne s’arrête pas, en France ou si on parle français tu ne peux pas t’empêcher de prendre les mots, de les arrêter, d’en faire des histoires. Bref… Encore une histoire de mots.

Et puis les gens autour de moi, voyagent, et rentrent de leur voyages avec des étoiles inconnues dans les yeux… Et moi j’ai envie de les voir aussi ces étoiles. J’en ai envie depuis toujours, mais la vie, ma vie, ne le permettait pas. J’ai fais d’autres choix, j’ai choisi d’avoir des enfants jeunes, je les aient élevé seule, les mois étaient souvent très compliqué à finir… Et puis ils ont quitté la maison, j’étais en couple et nous sommes un peu partis , de biens jolis vacances, qui ont donné l’envie de continuer, d’aller plus loin, de peut être faire différemment.

Seulement voila, je me suis retrouvé seule (sans compagnon), et là, il a fallu revenir d’un autre voyage, un voyage aux enfers et ce voyage à été très long, sinueux, douloureux et le retour laborieux.

La solitude est difficile à apprivoiser quand elle est subie, il faut beaucoup de patience et de temps pour qu’elle soit moins menaçante et qu’elle devienne une alliée… Et ré apprendre la vie, sans personne d’autre à tes côtés.

A 20 ans, il est facile de rencontrer du monde, à 40/50 ans c’est moins simple. Les coups que t’as pris dans la gueule, t’as plus de mal à t’en remettre, un peu comme les nuits blanches: à 20 ans tu peux en faire deux de suite sans problème, à 40 t’en as pour une semaine à t’en remettre, à 50 tu n’en fais plus du tout, tu sais que c’est plus pour toi..

Alors quand ça fait 5 ans que tu es seule et que t’as 50 ans, tu décides que si tu continue de rester à attendre, éventuellement, une rencontre pour faire des trucs, ben tu risques d’attendre longtemps sans rien faire…

Allez courage, tu te jettes dans l’action, et tu décides que ces barrières qui te servent d’excuses, ne sont que des peurs, et qu’il va falloir les affronter pour avancer.

C’est mon choix à moi, Cricri.

D’autres préfèrent rester dans ce qu’ils connaissent, dans ce qui est pour eux confortables, moi je veux des sensations, je veux vibrer, je veux éprouver des sentiments, qu’ils soient bons si possible, mais j’accepte aussi les mauvais, c’est le deal.

Je veux m’approcher de mes rêves, je ne veux pas y renoncer sous prétexte que je suis seule, je veux avancer. Ma vie est ainsi, il m’est arrivé plein de trucs, positifs, négatifs, mais c’est aussi parce que j’ai souvent pris des décisions et ces décisions ont parfois tout remis ce que j’avais en cause.

J’ai beaucoup perdu…Oui et c’est assez inconfortable. Mais je suis aussi plus réactive, plus solide et quand on perd souvent on hésite moins à tout remettre en jeu… On fait « tapis et on tourne une nouvelle fois la roulette de la vie », des fois c’est vert mais des fois c’est rouge…

Ce voyage c’est une grande inconnue. Un nouveau saut dans le vide. La seule chose que je sais c’est que l’humain est adaptable, que je, suis adaptable, je me suis fait à tout, même à la solitude, alors le voyage ça peut pas être pire…

Un pays avec une langue que je ne maîtrise pas du tout, des coutumes différentes, je ne sais pas ou je vais, ni comment, mais je sais que j’y arriverai, même si à ma descente d’avion, une fois récupéré mon sac, quand je vais mettre pour la première fois un pied en Thaïlande, je vais avoir un grand moment de panique, un grand moment ou je vais demander « mais qu’est ce que je suis venue faire dans cette galère… »et puis quand t’es seule, t’as pas le choix. Soit tu te roules en boule dans un coin et tu pleures, mais tu repousses seulement « le moment » ou vas falloir trouver le train à prendre pour rejoindre le centre de Bangkok, puis trouver un tuk-tuk ou un bateau pour retrouver le quartier dans lequel j’ai réservé ma première nuit, seul truc organisé du voyage, la première nuit; tout après sera laissé au hasard. Soit tu rentres dans le tas en gardant confiance en ton sens de la débrouille et tu te lances.

Une fois là bas faudra faire face!

Une de me copines me dit: …En fait t’aime bien quand c’est galère, quand c’est difficile?

Ben non, pas du tout, j’aime pas ça!!! C’est juste que si je veux avancer, faut que je dépasse ma peur!

C’est comme quand t’es enfant (même grand ça arrive), t’as peur du noir, t’entends, des bruits la nuit, t’as deux solutions, tu mets la tète sous les couvertures,  tu te caches et tu finis par t’endormir épuisé et le lendemain ça recommence, ou tu prends ton courage à deux mains, ton réveil comme arme 😉 , oui je sais pas trop warrior comme truc le réveil, un bouquin dans la deuxième main (pas terrible non plus, mais sur ma table de nuit, à part une bouteille d’eau, des bouquins et mon réveil y a rien d’autre) et tu avances dans le noir, t’allumes d’un coup, tu crie fort « qui est là » des fois que si y avait quelqu’un tu le tétaniserait avec ta grosse voix et puis, tu te rends compte qu’il n’y a rien, pas un bruit, pas d’étranger dans ta cuisine… Et du coup, t’as le cœur qui bat fort, mais t’es fière d’avoir affronté le dragon imaginaire et tu t’endors sereine en sachant que tu es en sécurité et que t’es une guerrière.

Donc non, j’aime pas être en danger, mais je veux absolument avancer, ne pas être statique de peur, affronter ma solitude et les épreuves qui seront à surmonter, je veux juste vivre et m’approcher au plus prêt de mes rêves et de ma vie rêvée. Il y a des choses sur lesquelles je peux influer et d’autres pas, ce que je peux faire, je le fais…

J’aurai aimé partager ce voyage avec quelqu’un, partager les stress, les décisions, les galères, les bonheurs, mais il n’y a personne, alors plutôt que de ne pas le faire, j’y vais, seule…

Et peut être, ça sera même encore mieux, car je prendrai seule les directions, j’irai vraiment voir et faire ce que j’ai  envie et pas ce que l’autre veut faire. Je me retrouverai surement seule dans des situations que je n’aurai pas connu à deux ou en groupe et peut être aussi, je ferai des rencontres que je n’aurai pas faite, quand on est seule on va plus facilement parler aux autres… Ce voyage me réserve surement pleins de surprises et j’ai envie de ces surprises.

Je veux rencontrer les gens là bas, les voir vivre, je veux connaitre leur histoire, leur religion, leur quotidien, je veux visiter leurs temples, manger leur nourriture, voir rire et vivre leurs enfants, je veux me frotter à leur vies. Je veux voir cette végétation, cette faune, ces paysages qui me sont inconnus, je veux faire des choses que je ne fais pas chez moi…

Je veux surtout lâcher prise, me laisser la possibilité d’aller là ou le hasard, ou le vent m’emportera, c’est pour ça que je ne veux pas minuter mon voyage, et effectivement je ferai surement moins de choses que si je « time » tout, mais je me laisse aussi l’opportunité de découvrir un truc à coté duquel je serai passé si j’avais tout organisé. C’est ça le but de ce voyage, lâcher du lest, cesser de vouloir toujours tout contrôler, se laisser porter aussi et surtout s’écouter « Qu’ai je envie de faire là maintenant ou voudrai je aller?« .

zen

C’est vraiment cette notion que je recherche aujourd’hui dans ma vie. Qu’est ce que je veux vraiment, si j’arrive à sortir de ce qu’on m’a appris, qu’on m’a inculqué? Serait je plus heureuse si j’avais un compagnon dans ma vie ou est ce que, surtout, je serai juste plus normale?

Ce voyage est pour moi une quête, je suis sur le chemin pour me retrouver, je suis sur cette route depuis quelques temps et tout ce que j’y ai découvert à déjà bien bouleversé ma vie. Je suis plus en paix avec moi même, je suis très souvent ma meilleure amie, mais parfois de plus en plus rarement, heureusement, ma pire ennemie. Quand ça arrive c’est le tsunami, mon ennemi connait tout mes points faibles et sait taper là ou ça fait mal… Mais je connais mes modes de fonctionnement et j’arrive de plus en plus vite à détricoter les pulls imaginaires que mon cerveau me renvoient.

Revenons en au voyage…

Alors je parcours les guides, mais surtout je me sers des moyens modernes comme you tube, pleins de témoignages, de conseils, de trucs à éviter et puis on voit vraiment les paysages, c’est génial pour ça et intarissable. Et pour tromper le temps je commence à faire mon sac virtuellement, j’ai fais mes vaccins, j’ai mon budget, et je m’apprête à coudre quelques petites choses (pochettes, sacs) pour rendre plus pratique ce voyage et l’organisation de ce qui sera ma maison pour les 15 jours.

 

Voila, encore 3 semaines avant le départ, et faut encore trouver la solution pour l’acheminement jusqu’à l’aéroport, je voudrai faire ça seule aussi, sans embêter qui que ce soit, mais dans ma région les transports en communs sont pas hyper performants, alors je continue ma recherche de solutions…

A suivre!!!

Cricri.

Ps: la petite chanson de Monsieur Charles et sa gestuelle magnifique: Cliquez ici

 

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