Mes deux M…

Mes deux M…

23 mars 2019 5 Par Les trucs à Cricri

Je sors du ciné, voir le film Mon bébé… Je rentre le cœur plein d’amour car ce film était comme une petite pâtisserie, un câlin, une sucrerie, une douceur… J’aime tellement Sandrine Kiberlain, j’aime sa nonchalance, sa beauté naturelle, sa simplicité… Dans ce rôle, elle est juste touchante, attentive, décalé un poil, sérieuse mais pas trop…Droite et frêle, solide et fragile… Maman divorcée trois enfants, Héloïse; c’est chouette Héloïse on peut dire Hello is… ou hé, loïse! tente de concilier sa vie de femme, de mère et son amour sans limite, pour ses trois enfants… Sauf que là, c’est Jade, la petite dernière qui s’apprête à passer son bac et à partir faire un Bachelor à Montréal…

Elle s’accroche, elle filme sa cadette dans toute les situations, elle fait le plein pour « quand elle sera plus là »…Une belle complicité les lient, elle et ses enfants et dans son regard l’amour est tellement présent, lumineux… Elle fait sa vie, seule, mais elle sait que sans eux, il va falloir réapprendre… Elle profite de la vie, de la liberté, mais a la fois les souvenirs la ramènent à eux, toujours…

La réalisatrice de ce film Lisa Azuelos est celle qui avait réalisé LOL avec Sophie Marceau, ce film avait déjà marqué les esprits… On est dans la même veine, la mère moderne et plutôt sympa, la fille de son temps et un amour partagé de dingue… Il est repassé l’autre jour à la télé et ma fille m’a envoyé un message qui disait: Y a LOL à la télé ce soir, je pense a toi, je t’aime…

Quel bonheur d’être mère, quel sacerdoce aussi, mais quel enseignement… Jamais plus après cette expérience, on ne sera la même, jamais plus la liberté n’aura le même gout, ni la même légèreté, jamais plus la vie n’aura la même saveur…

La vie, ma vie, je payerai pour avoir la même, si je devais recommencer. Car si je ne l’avais pas eu de cette façon je n’aurai pas pu être la mère de ces deux êtres qui me sont si précieux , qui sont mon bonheur, mon émerveillement, un sourire, une chaleur, une odeur…

Je suis une mère chatte, j’ai besoin de caresser, de sentir, de lécher, mes chatons, de les laisser s’éloigner, un peu, mais aussi sans cesse de les ramener au panier, prés de moi… Je suis comme cela…

Mes deux chatons étaient si différents, le premier, indépendant, téméraire, espiègle et autonome et le deuxième tendre, affectueux, attentif, un bébé kangourou, dans sa poche tout le temps, accroché… J’ai grandie avec eux, car j’étais bien jeune quand ils sont arrivés, presque encore un bébé… Le quotidien n’a pas toujours été simple, loin de là, mais l’amour qui nous liait était fort et puissant…

Il y avait un papa chat bien sur, important, mais la séparation s’est faite très tôt, et ce qui s’est passé de l’autre coté du miroir, je ne le sais pas,  je n’y avait pas de rôle à jouer, malheureusement… Je n’ai jamais pu voir ou vivait mes enfants, ou il dormaient, je n’ai pu qu’imaginer leur cadre de vie, car je n’ai eu droit qu’à une porte close derrière laquelle j’attendais. C’est comme cela, il faut faire avec…

Chez moi, la vie était intense, timé, deux enfants, seule, boulot, ménage, bouffe, linge mais aussi câlins, histoires, devoirs et sorties, l’éducation à faire; tu es la maman qui console, soigne les bobos, écoute, dorlote et le papa qui joue, apprends à faire du ski, du vélo, gronde, joue à la bagarre…  Tout à la fois et en même temps. Une femme aussi, une femme ayant des besoins de liberté, de tendresse, d’attention… Seule, le quotidien est souvent très lourd, beaucoup de mes copines se plaignent de ne pas toujours être bien soutenues par leur conjoint, mais quand tu es seule, le soutien c’est zéro nul part… Tu fais tout toute seule, de la bouteille de gaz à changer, à la roue crevée, en passant par la banquière qui appelle et qui demande une solution pour ce putain de découvert… Alors oui, les filles, vous êtes des super mamans, vous assurez, votre mec est pas très présent, mais il est là, il mets vos pneus contact l’hiver, il change l’ampoule de la salle de bain qu’a péter, il joue 5 minutes avec le grand, va changer une couche une fois toutes les 36 du mois, il bosse, il ramène des sous et il est là pour garder les gosses pour que vous alliez retrouver les copines à la danse le mercredi… Et ça, c’est pas les plus glorieux, mais j’en connais moi, je les vois, ils assurent, ils changent les couches, ils sont investis dans l’éducation… C’est vrai ils font pas 50% du boulot, mais ils sont là, alors des fois ils glandent sur le canapé avec une bière devant le foot, quoi ça fait cliché 😉 ,   mais ils sont là, et croyez moi les filles ça fait vachement la différence…

C’est vrai, un week end sur deux du vendredi soir au dimanche soir, c’est les 48 heures de break, les 48 heures chez papa, les 48 heures ou tu réinvestie ta vie de femme, tu réinvestie ton appartement aussi, une fois que t’as rangé le foutoir de 15 jours, que t’as vidé la panière à linge sale… C’est le temps ou tu refais une grasse matinée, ou tu prends le temps de te laver les cheveux, t épiler, car comment faire tout cela quand t’as toujours un loulou qui crie Maaaaammmaaaannnnn????, alors que t’es en position précaire à tenter des te faire les poils du maillot, arghhh… Du coup t’évites, car t’as beau crier: mais occupe toi du petit 5 minutes, personne n’empêchera le monstre de rentrer dans la salle de bains et de s’asseoir par terre en te disant: maman tu fais quoi? Tu t’es fait bobo? Là, tu ranges l’épilateur, tu remets ta culotte et tu ranges tes poils jusqu’au week end prochain, quand ils seront chez papa…Et puis aussi, à des moments tu t’assoie sur le canapé et tu te dis que la maison est bien calme, mais que font ils en ce moment? Ils sont heureux sans toi? Peut être le petit s’est blessé et il pleure et tu n’es pas là pour le consoler; ou la grande est déguisé en princesse et toi tu ne la verra pas, parce qu il la prendra pas en photo, et même s’il la prenait, il te montrerait pas la photo, on sait jamais tu pourrais t’immiscer dans leur vies, à eux… Des fois, tu pleures aussi de cette vie que tu leur offre, de ce déséquilibre que tu as fabriqué, la vie chez maman, la vie chez papa. Pourtant au début, t’avais essayer de partager un peu les choses, mais ça n’a été possible que jusqu’au jour ou il a rencontré une autre femme. Depuis ce jour, rien n’a plus été possible, la jalousie s’en est mêlé et les liens se sont distendus, il sont devenus inexistants, voir même très agressifs.

Mais la maison,  le nid, le panier, notre cocon à nous trois, c’était au chaud, des rires, des cris, des disputes, du bazar, mais aussi des envolés tournantes sur Charles Aznavour et Emmenez moi au bout de la terre, des soirées sous le plaid tout les 3 en rang d’oignons sur le canapé, avec notre gros pot de tisane devant Le dernier trappeur, des pets malodorants dans la voiture à cause du mal des transportsc’était un bain coulé en cachette pendant que les petits étaient occupés et qui finissait en baignade collective car chaque petit arrivait, se dé-poilait,  je viens avec toi maman et d’un moment de détente ça finissait en grande marée, mais si agréable, si joyeuse…

Je me suis remplis de ça pendant des années, de ce bonheur, de ces petites mains, de ces pieds qui sentent toujours bons, de ces cous qui, dans le pli sentent fort l’odeur de ton amour (j’y fais encore quelques intrusions, quand on m’y autorise et ça sent toujours MON BÉBÉ), de ces petites bouches qui t’embrassent, de ces paroles d’enfants, de ces mots rigolos, ces expressions d’adultes qui te font hurler de rire, de ces Maman je t’aime, de ces disputes entre eux pour des broutilles et qui finissaient par te faire péter un câble et élever encore la voix, car c’est vrai aussi j’ai beaucoup perdu mon calme, beaucoup crié, maintenant je regrette, j’aurai mieux dû gérer cette tension…

Et puis un jour, le chaton kangourou à eu besoin d’arracher sa poche, pour se libérer de cette chaîne imaginaire qui devait l’empêcher de grandir et il est parti s’installer pour de bon de l’autre cote du miroir, loin de moi, loin de cette poche, laissée vide et déchirée de son absence…

Pardonnez moi, je pleure beaucoup en écrivant ces mots, car même si la poche s’est habituée au vide, la cicatrice reste douloureuse, comme une cicatrice de guerre, on réapprend à vivre, mais jamais on ne guéri…

Je suis resté seule avec mon autre chaton, et la souffrance à resserré le lien, le manque est devenu notre quotidien, un trio amputé n’est qu’un duo bancal, il a pourtant fallu avancer, continuer sans chaton kangourou parti de l’autre coté.

Heureusement depuis, chaton kangourou est revenu, pas à la maison mais dans nos vies . Il est devenu un chat sauvage, il a oublié l’odeur et le réconfort de la poche, il est à réapprivoiser, a réapprendre, c’est pas toujours évident, mais il est là, toujours aussi magnifique avec ses grands yeux noisettes, son nez bien droit qui me faisait le reconnaître à la maternité, car tous avaient le nez en trompette sauf mon chaton à moi, ses cheveux sombre et raides et sa tète de chaton, de chaton d’amour… Il a ce coté passionné à fond, cœur d’artichaut, dépensier, et fougueux que je connais bien et il accepte, je crois, j espère  cet héritage maternel…

Il est un rayon de soleil sur mon visage un jour d’hiver, un éclair au café un jour de régime…mat 3

Il est ma faiblesse, mon talon d’Achille…Mon amour!

Pourtant, il est un adulte insaisissable, un homme, il ne veux pas que je m’inquiète pour lui, mais chaque matin en me levant, je pense à lui mon poussin, priant pour qu’il ne lui arrive rien de malheureux, et pour que lui arrive des tonnes de trucs heureux; chaque jour je sens cette poche vide, ce truc fait partie de moi, personne ne me l’enlèvera, il est mon histoire, mon amour, ma chair…

Et puis, premier chaton, mon étoile, mon leitmotiv, mon héroïne, ma reine, est devenue une adulte équilibré, droite, attentive aux autres, généreuse et bienveillante… Pleine de fissures, fragile à l’intérieur et pourtant si dure dehors… Toujours présente, à l’écoute, affectueuse, belle, chaleureuse, compréhensive et un soutien sans faille…

Indépendante et autonome, elle est mon piton d’escalade, ma béquille de mobylette, les paroles de ma chanson, la chaleur d’amour de mon quotidien…maelle

Bien pas bien? Ma fille, mon amie, mon ange, c’est elle…

J’aurai dû plus, beaucoup plus, leur apprendre le bonheur, plutôt que les galères, mais comment faire pour apprendre le bonheur quand soi même on ne sait pas faire… Et les regrets ne font ils pas partis du job de mère???  J’aurai jamais dû le laisser quitter cette poche, j’aurai du trouver une solution pour le garder prés de moi, ces 5 ans perdus je ne les rattraperai jamais, je vais juste essayer de ne pas le perdre à nouveau et encore louper des trucs.

Je ne vais pas envahir leur vies, être juste là, rester à ma place de maman de deux adultes, grands chats indépendants…Sans eux, il faut réapprendre à vivre…

Moi aussi je voudrai les filmer, dans chaque situations, car chaque jours, ils s’éloignent un peu plus, ils font leur vie et c’est tant mieux, même si le panier, le plaid, la baignoire, la poche, mes bras sont vides… Mon cœur lui, ne l’est pas et ma tête pleine de ces moments d’amour à trois.

De toute façon Aznavour ne chantera plus, le dernier trappeur est parti à la retraite sur une île des tropiques se taper la bronzette et Cricri s’émancipe, un gros pas vers l’indépendance en se prenant pour une baroudeuse avec son sac à dos et ses baskets, voir si la vie est belle ailleurs.

Mais dans mon cœur j’emmène mes chatons, ils restent mon combat quotidien…

deux m 2

Allez voir le film, il est chouette (promis vous chouinerez pas automatiquement comme moi derrière votre ordi pendant des heures en écrivant cet article 😉 ).

Le lien pour le teaser du film: ici

La chanson que j’ai choisi:  

Cricri

PS: Pardon à eux pour les photos j’ai pas pu résister… 😉