Petite.

Petite.

20 juillet 2019 0 Par Les trucs à Cricri

Je suis née au milieu des années nonante et longtemps j’ai cru que notre futur ressemblerait à l’heureux baratin d’un horoscope. Une promesse d’amour de gloire et de beauté, le genre d’ânerie qu’on nous vend dans les journaux gratuits du métro. Les énergies nouvelles, la politique, la justice, la médecine… Je pensais qu’on allait pouvoir réparer des corps, que tout le monde aurait un toit, qu’on allait bientôt se téléporter…

Ainsi commence Petite le livre de Sarah Gysler dont je veux vous parler aujourd’hui…Il ne s’agit pas vraiment d’un roman, mais d’un récit, une biographie, un voyage…

Suissesse (d’ou le nonante de la première phrase), Sarah à quasiment l’age de ma fille. Issue d’une famille mixte, le père Claude François (et oui inspiration musicale) Suisse du terroir et la mère Ilhem, Algérienne; divorcent au trois ans de l’auteur ces années-là m’ont appris que la tristesse peut parfois rendre les gens méchants et celle ci se retrouve entre une mère dépressive et un père un peu barré, il nous a offert le plus beau des cadeaux celui de pouvoir être petits avant de devenir grands, mais qui rapidement va tomber malade et ne se remettra jamais complètement de ses maux. Elle à un frère « Flex » plus vieux qu’elle et viendra une petite sœur Laura, d’une seconde union à laquelle elle est très attaché. « Nous sommes de ces enfants qui grandissent avec une clé autour du cou, connaissent les numéros d’urgence par cœur et savent faire cuire des pâtes avant même d’être en mesure d’atteindre les casseroles…« 

Sarah est une enfant mélancolique, plutôt sombre, introvertie, différente inquiétante… Le quotidien n’est pas très prometteur chez sa maman, le père est plus joyeux, plus bizarre attachant, insolite , elle reste la plupart du temps chez elle seule, à l’école ça n’est pas mieux troubles de l’attention, Sarah refuse de parler…

Très tôt, j’ai eu un avis tranché sur le monde qui m’entoure, un dégoût absolu pour l’hypocrisie. je ne suis pas polie pour un sou, et de toute évidence je n’étais pas suffisamment docile…A 15 ans, il y a des gens qui savent exactement ce qu’ils veulent faire de leur vie. En général, ils sont blonds, polis, parfait. Comme dans les sketchs de Gad Elmaleh. Ils ont le visage lisse, un prénom lisse, une vie lisse. Ils choisissent ce que l’on appelle des beaux métiers, des trucs qui rendront fières leurs mamans et leur promettront une destinée peu honteuse…Mais ce n’est pas le cas de Sarah qui ne se sentira jamais « à sa place » dans le mode de vie classique, une vie tranquille, un boulot, Metro/boulot/dodo…

Après un choc psychologique très difficile du à la perte d’un ami très cher, Sarah décide de partir à l’aventure et refuse la vie qui lui est proposé. Elle décide de tout plaquer pour se rendre dans un lieu choisi au hasard sur la mappemonde… Il y a quand même un caprice de millionnaire que je me suis autorisé: faire tournoyer un globe, fermer les yeux et le stopper de mon index pour choisir la destination. Destin et destination possèdent la même racine : l’un sera mon chemin vers l’autre.

Elle part au Cap nord seule, en stop et sans argent.

J’ai découvert une vie faite d’imprévus, moi qui , culturellement ai le rigorisme d’une horloge Neuchateloise. j’ai laissé la place au vide, au temps, à la lenteur. Et au vertige à succédé le lâcher-prise…

Je ne vous en dirait pas plus de l’épopée de notre héroïne, car la suite est à découvrir à ses cotés.

J’ai beaucoup aimé ce texte, brut, d’une écorché vive, d’une fille qui ne rentre pas dans les cases et décide plutôt que de se forcer, à chercher son absolu. Les mots sont crus, sans calculs, la route semée de rencontres, d’embûches et de bonheur, j’ai beaucoup utilisé ses mots (en italique dans cet article) car le verbe et le vocabulaire en font son originalité…

Juste un dernier extrait de ce récit qui me touche énormément: Chez nous, la méfiance est culturelle. Les gentils préparent toujours un sale coup, c’est obligé. j’avais soupçonné mes hôtes sur la base de quelques bruissements. Par réflexe. Et je m’en suis voulu. Mais l’avantage, c’est qu’après cet épisode je n’ai jamais douté de mon instinct. De mes choix. Parfois j’ai eu peur, parfois j’ai dis non. Très souvent j’ai dit oui. Voyager seule, c’est ouvrir grandes les portes, s’écouter, se faire confiance. C’est un coup d’audace qui mène à soi..

Sarah à choisi de ne pas vivre la vie qu’on lui imposait… Elle à choisi d’utiliser un autre mode d’emploi et elle s’y est retrouvée…

J’ai beaucoup pensé à ma fille pendant la lecture de ce livre, elle qui est partie seule pendant plusieurs semaines au Costa Rica et qui ne rêve que de repartir… Même si la peur est toujours là, l’aventure, la quête du voyage est un stimulant, l’essence de l’esprit du voyageur.

Alors, pars ma douce, pars au bout du monde, découvre les gens les paysages, qui tu es… Mais n’oublie pas de revenir… 😉

Merci Sarah de cet espoir pour les gens un peu « différents » qui se sentent à l’étroit dans leur boite, de ce partage, de cet optimisme qui ressort de ce récit et de ce voyage au froid, que je n’effectuerai surement jamais en vrai, mais qui m’a été donné de faire grâce à ce livre.

Une lecture d’ou l’on sort une fois de plus différent, plus riche, plus pres de soi…

A lire absolument.

Cricri

Sarah à crée un blog vous le retrouverez ici

A la fin du livre, il y a une petite liste des musiques qu’elle à beaucoup écouté lors de son récit, je me permet de lui en emprunter une pour Ma musique de la semaine: la voici

Un petit reportage sur l’auteure: