Vagues à l’âme…

Vagues à l’âme…

16 novembre 2019 1 Par Les trucs à Cricri

Bonjour à tous!

Cette semaine je ne voulais pas faire d’article, assez peu de temps et vraiment pas d’inspiration et puis la culpabilité de vous laisser sans lecture de blog une fois encore et pour moi ce rendez vous d’écriture, sorte de séance chez le psy…… Alors je vous fais juste un petit retour sur une lecture aimée, appréciée, savourée.

il s’agit d’un bouquin prêté par une copine lectrice, une ancienne bibliothécaire, avec qui nous continuons de temps en temps de partager nos coups de cœur.

Elle m’avait dit « c’est un peu triste mais une jolie écriture… »

Oh lala… quel beauté ce livre!

Vous me connaissez, je suis fleur bleue, bon public, les choses me touchent toujours beaucoup… mais là ce livre , cette histoire m’a tant touchée…

Petit pitch: Anne, mère de Louis seize ans, bretonne, le récit se déroule dans les années après guerre. Avril 1950, un soir, Louis ne rentre pas…

Il faut dire Anne veuve de marin, s’est remarié voila quelques années avec Etienne le pharmacien du village, elle est devenue Madame Quemeneur, celle qui vit dans la belle maison et qui a fait un beau mariage. Il l’a pris avec son fils, mais avec l’adolescence, les rapports sont devenus tendus entre Louis et Etienne et la dernière altercation entre les deux hommes à été très violente. Etienne avait décidé après cette bagarre d’envoyer Louis en pension…

Et puis ce jour, Louis ne rentre pas, Anne le guette toute la nuit, elle l’attend… Le lendemain, pas de nouvelle, pas de lettre, pas d’explication… Au bout de plusieurs jours d’attente, elle se rend au port et apprend qu’il a embarqué a bord d’un navire, marin comme son père, le bateau reviendra au port pour noël…

Commence une longue attente, une longue impatience

Elle prend l’habitude de lui parler, elle lui promet une fête pour son retour avec les gens qu’il aime, mais surtout, les crêpes au sarrasin, le cidre, les coquillages et poissons, une multitude et une multitude de plats, plus copieux et cuisinées les uns que les autres…

Le temps s’écoule jusqu’à noël…

Anne tient son rôle de mère à la perfection, elle s’occupe de ses deux enfants Gabriel et Jeanne issus de son mariage avec Etienne, elle gère la maison, des repas… Elle est là, mais absente… Ses pensées sans cesse pour Louis. Sa vie, qu’elle se fait défiler dans la tète, elle nous raconte, elle lui raconte, sa rencontre avec Yvon son père, la dureté de son quotidien d’enfant, sa disparition en mer, la guerre…La vie…

Mais à noël, le bateau rentre au port, Louis n’est pas à bord. Il a été blessé et à débarqué le temps de se soigner et surement embarqué à nouveau à bord d’un autre navire…

Elle l’attend, chaque jour… se rend sur la falaise pour guetter les navires qui rentrent, ….elle retourne même dans sa petite maison sur la falaise, y passe ses après midi à lui raconter, à faire des projets pour son retour, avant chaque soir de remettre son costume d’épouse du pharmacien…

Le temps passe, les enfants grandissent, elle attend, son dialogue intérieur toujours vers lui, pour lui…

Je vous raconte pas tout… L’amour d’une mère… pour son enfant… loin… elle attend… qu’il rentre…Une longue impatience…

Quelques petits extraits pour le ton:

Désormais, les jours se ressemblent, les saisons se distinguent que par l’ajout d’un manteau, d’une écharpe ou par le retrait d’une épaisseur… J’attends un signe, un courrier sur lequel m’appuyer.tout ce que je veux c’est que Louis rentre. je voudrais retrouver notre unité première, rompue à la naissance, l’œuf primordial, à nouveau. Retrouvé, réparer intact le temps obscur et doux de l’inséparé. J’attends que mon fils me redonne vie, qu’il me fasse renaître, me réveille, me ressuscite.. Alors nous serons quittes

...Lorsque tu reviendras, ce sera un partage. Un vrai grand partage. Et un pardon aussi. Car tout sera pardonné, dis-moi? Nous tenterons d’oublier ce qui nous a blessés. Ton départ, ton silence, le geste d’Etienne. Il n’aurait pas dû. Il le sait. Peut être suis je sotte, à rêver ainsi de ce moment, de ce que je pourrais t’offrir, a toi et à tous, mais cette pensée me porte, me soutient…

Je n’avais jamais lu cette auteure, Gaelle Josse, mais sa sensibilité, ses ressentis de femme pour son enfant, son écriture m’ont touché au plus profond de moi. Ce livre m’a ému, parlé, j’ai ressenti ce vide, le vide de celui qui est parti et que l’on attend, ces promesses que l’on se fait à soi même s’il revenait, ce vide intérieur, cette présence fantomatique à l’extérieur…

Peut être aurez vous envie de lire cette belle histoire à votre tour…La lecture procure des sensations et des sentiments nulle part ailleurs égalés, chacun s’y fait ses paysages et ses personnages, une forme de rêve guidé, ici par des mots justes et touchants…

Bonne quinzaine, la petite chanson qui va bien… ICI

Cricri.